Création sur mesure

Besoin précis

Dans le contexte d’une commande sur mesure il y a une part de création et des exigences à rencontrer. Dans le travail de l’artisan il y a le geste qui perpétue la technique, qui mène à la recherche, à l’expérimentation et au dépassement.

La table et la chaise crinoïde.

Inspiration

Le projet s’est inspiré d’un site fossilifère du village de Port-Daniel d’où je proviens, plus précisément de l’anse Harrington, lieu où, entre autres, on retrouve du corail fossilisé qu’on appelle dans ce cas-ci crinoïde qui est un végétal, mi-plante, mi-animal qui vivait il y a quelques 500 millions d’années dans les mers chaudes. On retrouve ces fossiles au Québec, sur la Côte-Nord et en Gaspésie, mais également en Afrique, au Maroc, ce qui suppose une proximité avant la dérive des continents.

Voyage dans le temps

L’œuvre, avec ses dérives et ses composantes, suggère un voyage à travers le temps. La plante pétrifiée au cours des changements climatiques, le bois qui nous ramène vers le continent africain, le gainage du dossier de la chaise en peau de saumon, grand voyageur et la fonte d’aluminium qui nous situe dans la modernité.

J’aime lire, j’aime l’histoire. Ici, j’allais revisiter celle de la Vierge, personnage biblique, et revarloper mon regard, sur ces sujets… remisés.
Mais au-delà de ce qu’on peut en lire, en dire… l’aventure de la réalisation de cette œuvre est d’abord un contrat de travail, une série de dessins préparatoires à la sculpture sur bois, à l’étude du corps humain, au drapé. C’est l’expression à travers cette matière qu’est le bois. C’est le désir de rendre l’introspection par le regard aveugle, la tendresse par le geste, l’image de la mère en qui les fidèles se sont d’abord et toujours adressés et ont eu foi au travers les âges.

Le travail des esquisses et la maquette terminés, il y a eu le choix du bois, le redressage, la mise d’équerre, la sélection du fil du bois, l’alternance des âges, en y figurant d’instinct le volume achevé, avant l’encollage et la mise sous serres des multiples pièces. Bien sûr le bois fluctuant toujours au taux d’humidité il faut maintenir la température de l’atelier à celle du lieu destiné tout au long de l’évolution du travail, qui en fin de compte, à notre regard, à force de scruter, nous apparait… oui… mais… jamais terminé!